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DANSE DE GRANDE FELICITE
Une biographie du Khenpo Tsultrim Gyamtso rimpoche
par Dzogchen Pönlop rimpoche
Introduction de Dzogchen Pönlop rimpoche
Vous incarnez les activités des Victorieux des trois temps
Et vous êtes la force et l’allié de ceux qui coupent le filet de l’existence cyclique.
Oh, rosaire des Karmapas venus à travers les âges,
Seigneurs des êtres et uniques amis de ceux qui aspirent à la libération,
Je vous place au-dessus de ma tête et vous fais cette offrande.
Dansant la danse vajra de l’apparence-vacuité,
Vous fendez l’azur d’un ciel sans obstacle, nature de la réalité.
Chantant des chants vajra du son-vacuité,
Vous chassez l’obscurcissement des esprits des êtres fortunés.
Votre esprit de béatitude vajra et vacuité,
Invoque l’énergie de grande sagesse.
Yogi sans peur pour qui toutes les pensées se libèrent d’elles-mêmes,
Dechen Rangdrol, s’il vous plait, apparaissez du centre de mon cœur.
ici note tranlitt
Khenchen Tsultrim Gyamtso rimpoche, aussi connu sous le nom de Dechen Rangdrol, est un érudit en les soûtras, les tantras, et tous les champs de connaissance majeurs et mineurs. La manifestation de son accomplissement est parfaite et complète, tant en expérience qu'en réalisation. Il est renommé dans le monde entier, de l'orient à l'occident. Un ignorant, être ordinaire comme moi ne se serait jamais senti capable d'écrire une biographie juste et détaillée de la totalité des actes de ce gourou, Vajradhara, avec son point de vue externe, interne et secret.
Néanmoins, je n'osais pas refuser la commande du seigneur des vainqueurs, le glorieux Karmapa Orgyène Drodul Trinlai Dordje, qui me demandait de compiler ce volume. De plus, en 1993, j'avais eu la bonne fortune de retranscrire, sous sa dictée, une grande partie de l'autobiographie du gourou, Vajradhara. Ce qui suit sera donc un compte-rendu de son histoire de vie, au niveau extérieur des apparences communes.

Cette histoire de vie s'ordonne, comme sa grande biographie, en sept sections :
1.La naissance de Rimpoche en ce monde ;
2.L'impermanence et le changement ;
3.Le Pèlerinage aux sites sacrés de retraite ;
4.Où les conditions adverses deviennent des aides, et la diligence une pratique ;
5.La pérégrination parmi les lieux retirés et les charniers ;
6.Le retour à la Vue, coupant court aux élaborations ;
7.Faisant bénéficier avec diligence les êtres des enseignements, selon la commande du seigneur Rang Djoung Rigpaï Dordje ;



Chapitre 1
La naissance de Rimpoche en ce monde
Rimpoche naquit en 1935 (l'année de la truie de bois du XVIème cycle élémentaire) dans une aire renommée sous le nom de  Gomde Nangchen (1).
La région était nommée ainsi car, durant l'époque de Tishri Repa Karpo (2) et consorts, les enseignements de la lignée de pratique y avaient fleuri incroyablement. Même les chefs de famille -hommes et femmes- se consacraient à la méditation,  recevant de profondes instructions. Son lieu de naissance, précisément, était à un point central de Nangchen, appelé Traripu(3). Le père de rimpoche était Namgyal Phuntsok, un descendant du Gabu Drechung (4) ; sa mère Mańi Wangmo. À sa naissance, on donna à rimpoche le nom de Sherab Lodreu (5).
A ce point, la grande autobiographie nous enseigne :
  

Quand je naquis, je naquis seul.
   Quand je mourrai, je mourrai seul, pour sûr.
   Sachant cela, je trouve mon bonheur à errer
Entre ces deux stages, aux lieux déserts,
   Solitaire, cherchant la voie de la libération.
Chapitre 2
Impermanence et changement
Les parents de rimpoche eurent sept enfants - cinq garçons et deux filles -dont deux moururent précocement. Alors qu'il avait deux ans, son père décèda en voyage d'affaires. Suite à sa perte, la mère de la famille connut une grande détresse ; elle, et tous les autres enfants, paraissaient, du point de vue d'une perspective extérieure, souffrir intensément, ceci pendant un mois. Pourtant, l'expérience de rimpoche fut différente : il fut capable d'utiliser cette tragédie, en tant qu'une occasion d'intégrer tous ses ressentis, plaisants ou déplaisants, à la pratique du Chemin.Dans son autobiographie, il rapporte :
Du fait de mon très jeune âge, je n'avais pas de préconceptions solides sur ce qui s'était passé. À cause de ceci, je me souviens, je ne fis l'expérience d'aucune souffrance. La ferme conviction se fit jour dans mon esprit que la souffrance ne s'élève que parce qu'il y a pensée.
Un an plus tard, environ, la mère de rimpoche partit en un lieu très retiré, un bel isolement à un endroit connu sous le nom de Grotte de la cascade (6) où elle s'organisa pour la pratique de jeûne dite du "nyoung-né à mille bras". À cette époque de sa vie, rimpoche allait avec sa mère. Une nuit durant cette retraite rimpoche énonça le nom de son frère aîné, ajoutant : "Il est mort". Il fut établi par la suite que ce dernier était effectivement passé de vie à trépas à ce moment, au terme d'un voyage au monastère de nGor, pour y recevoir les voeux monastiques de l'ordination plénière. C'est un exemple de la manière dont rimpoche possédait les perceptions les plus hautes, d'une manière non obstruée, depuis son plus jeune âge.
Une autre qualité étonnante de rimpoche, à cet âge précoce, était son aptitude à se rappeler ses vies passées, ce dont il parle dans son autobiographie :
On a coutume de dire qu'il y a des enfants qui se rappellent leurs vies passées - ce à quoi s'ajouterait la possession de pouvoirs supra-cognitifs - mais qu'ils oublient celles-ci gradutellement. J'ai en ai acquis la certitude par ma propre expérience.[...] De plus, il m'arrivait quelque fois de voir des falaises avec leurs grottes, et de me dire à moi-même : "Il faudrait que je pratique là, dans le futur." A d'autres moments,si je remarquais un bout de terrain agréable au sommet d'une falaise, je me disais : "Plus tard, il faudra que je construise une maison de retraite ici". J'avais fréquemment ce genre de pensées. Je crois qu'elles apparaissaient du fait de empreintes laissées par mes méditations de jadis dans des grottes ou parce ce qu'elles étaient des signes annonçant mes futures entraînements en retraite.
Il est donc évident que rimpoche, dès sa prime jeunesse, était un être hautement évolué, qui avait, éveillé en lui, en grande partie, son potentiel illuminé.Nonobstant, ses comportements restaient variés, du point de vue du monde profane : avec ceux de ses amis qui aimaient le dharma, il jouait à des jeux comme celui d'imiter la récitation des liturgies. Mais avec ses amis polissons, il en faisait autant qu'eux, jetant des pierres aux oiseaux, etc. Un jour, il atteint un petit volatile et le blessa léthalement. Il le tînt dans ses mains jusqu'à ce que la chaleur ait quitté son corps. Prenant conscience de ce qu'il avait fait à cette créature, envahi de compassion, il se mit à pleurer.
Dans son autobiographie, il relate comment, par cet évènement, ses amis mal venus éveillèrent chez lui ses tendances karmiques à la grande compassion, renforçant sa prédisposition à la vertu.
Je pense qu'à ce moment, les tendances karmiques nées d'une culture poursuivie de la compassion dans les vies précédentes, furent réveillées chez moi.
Notes de ces chapitres 1 et 2
1 « Gomde » (sGom sde) signifie « communauté de méditants » ; « Nangchen » (Nang chen) est le nom propre de la place. Nangchen, dans le Kham, au Tibet, est localisé actuellement dans la Préfecture Autonomne Tibétaine de Yushu qui se situe dans la province de Qinghai, Chine. La localisation de Nangchen est visible sur Google Maps : http://bit.ly/nangchen
Ti shr’i ras pa dkar po.
Khra ris phu.
ga bu sbra chung.
shes rab blo gros, « pr
ājña+intelligence". Une traduction qu'affectionne les traducteurs américains pour prājña: precise knowledge, connaissance précise ».
chu ’bab phug.