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Le Chant des sept réjouissances



Namo Ratna Guru
Ces pensées fixées à un sujet et un objet,
Quand elles surgissent, me troublent et me distraient.
Je ne médite pas pour les en empêcher,
Mais viens les frapper au sein de leur essence.
Comme les nuages qui voltigent dans l'azur,
Elles s'éclairent elles-mêmes dans leur propre nature.
Toutes ces pensées qui se lèvent dans l'esprit,
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance ![1]
Quand le feu ardent des émotions me dévore,
Je n'applique aucun baume pour les apaiser.
Ces émotions, symboles de confusion,
Sont un élixir qui transforme tout en or.
Elles sont sans défaut, n'ont aucune imperfection,
Elles sont source de bien-être et de bonheur.
Ces émotions qui me ravagent le cœur
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance ![2]
Ces dieux et démons qui me causent problème,
Il n'est pas besoin de les exorciser,
Ni de les chasser par des formules magiques.
Mais d’abandonner la pensée qu'ils existent.
Tous ces grands malins, démons et obstructions,
Seront mon armée, ma garde, mes protecteurs.
Les obstacles qui se dressent sur ma route
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance ![3]
Les tourments de l'existence me font parfois
Souffrir l'enfer, mais il n'y a pas de quoi,
Car cette misère n'est pas cause de souffrance
Si avec amour on l'emporte avec soi
Sur le grand chemin des bons Bodhisattvas
Et qu’on prend sur soi les souffrances des autres.
Les fruits du karma, quand ils se manifestent,
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance ! [4]
Quand je suis malade et que mon pauvre corps
Dans la médecine ne trouve le réconfort,
Il vaut bien mieux prendre cette maladie
Comme le moyen qui me libérera
De tous les voiles qui m’empêchent de voir
Et fera rayonner toutes les qualités.
Les maladies qui m'affligent et me tourmentent
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance ![5]
Au moment de quitter ce corps illusoire,
Ne redoutez pas cet instant terrifiant.
Oubliez la peur et cultivez l'idée
Que la mort en fait n'existe pas vraiment.
C'est la claire lumière, la mère et son enfant
Qui s'unissent et ne font plus qu'un dans l'instant.
Quand l'esprit délaisse ce précieux corps humain,
Me fait grand plaisir, est ma réjouissance ![6]
Quand rien ne va plus, que tout est contre moi,
Il ne sert à rien de vouloir tout changer.
L'essentiel alors est de mettre en pratique
La méthode pour tourner ces difficultés.
Laissez-les venir ne les détourne pas,
Et ne cherchez pas à les rendre meilleurs :
Ces conditions adverses qui soudain apparaissent
Me font grand plaisir, sont ma réjouissance ![7]

Et ont inspiré cette petite chanson.
Traduit par Claudine Mona